L’eau que l’on rejette
Où va notre eau après usage ?
Les résidences, les commerces et les installations industrielles
consomment l’eau à diverses fins pour ensuite la rejeter. À ces usages
quotidiens s’ajoute une partie des eaux d’infiltration et de ruissellement
de surface comme la pluie et la neige fondue. Ces eaux dites « usées » passent immanquablement par les systèmes de traitement
municipal, pour fin de dépollution, avant d’être rejetées dans
l’environnement. C’est un cycle : il en va de la préservation de l’équilibre
biologique, et de la santé de la faune et de la flore.
À Repentigny, le traitement des eaux usées fait appel à deux procédés :
- Physique et chimique, à la station de traitement des eaux usées (STEU) au parc de l’Île-Lebel;
- Biologique et chimique, aux étangs aérés situés à la Place Aubert dans le secteur Le
Gardeur.
Dans les deux cas, le personnel de la Division des eaux et assainissement exerce un contrôle
rigoureux, chacun des équipements municipaux concerné étant voué à la dépollution des eaux.

Tout sur le procédé physico-chimique à la station de traitement des eaux usées (STEU)

- Relèvement
des eaux usées
- Les eaux usées sont acheminées,
via les tuyaux d’égout, vers des
stations de pompage
- Les eaux usées se dirigent vers le
bassin de réception par le biais de
quatre conduites maîtresses
- Dégrillage
et compactage
- Le tamisage par grille permet d’enlever
les matières grossières entraînées
jusqu’à la station
- Les déchets sont ensuite essorés par
un compacteur
- Les substances solides sont recueillies
dans un conteneur, lequel est dirigé
vers un site d’enfouissement
- Mesure de débit
- Les eaux usées s’écoulent
ensuite dans des canaux de
mesure
- Les lectures sont transmises
aux automates
- Les automates ajustent le
traitement en fonction des
débits enregistrés.
- Dessablage, déshuilage
et dégraissage
- Le sable et le gravier sont retirés
- Une vis sans fin prélève les sédiments
recueillis
- Par pont roulant, le racleur dirige les écumes (huiles et graisses), vers une
fosse conçue à cet effet
- Les écumes sont acheminées vers le
digesteur pour être transformées en
biogaz.
- Mélange rapide et floculation
- Le réactif chimique est dispersé : les polluants en
suspension se rassemblent sous forme de flocons
- Cette floculation permet de réduire la teneur en
phosphore et donc d’éviter de contribuer à la
croissance d’algues nuisibles dans le fleuve.
- Décantation et épaississement
- Les matières en suspension sont recueillies
au fond du bassin
- Un racleur tourne au fond du décanteur et
concentre le floc sous forme de boues.
- Milieu récepteur
- Les eaux usées ainsi traitées sont acheminées au fleuve Saint-Laurent.
- Chauffage par biogaz
- Le biogaz produit par les boues
est acheminé par compression
dans les chaudières
- Le biogaz, en brûlant, sert à
chauffer les digesteurs et le bâtiment
- Digestion des boues
- La dégradation des boues
prend 15 à 20 jours
- Le résultat produit est une mixture
concentrée sous forme de
biosolides, qui prend la direction
des pressoirs rotatifs pour être
déshydratée.
- Désydratation et
disposition des biosolides
- En évacuant l’eau, les biosolides
déshydratés prennent la texture
de la terre noire
- Ce produit peut être utilisé pour
l’enfouissement, le compostage ou éventuellement
l’épandage sur les terres agricoles.

L’idéal : viser l’autonomie énergétique
La Ville de Repentigny cherche continuellement à améliorer ses
façons de faire, notamment en matière de traitement de ses eaux
usées. Pas étonnant que la station sur l’Île-Lebel, soit l’une des rares
au Québec à compter sur la digestion pour produire du biogaz.
Le biogaz est très riche en énergie et, grâce aux digesteurs, l’usine repentignoise exploite ses
propres boues et produit suffisamment d’énergie pour se chauffer. Il en
résulte un bénéfice pour l’environnement et une économie des coûts d’énergie de l’ordre de
150 000 $ par année. De plus, ce processus innovateur réduit la masse des boues du tiers, qui
autrement, prendrait la route du centre d’enfouissement. Or ces boues, aussi appelées biosolides,
y sont utilisables pour la valorisation.
Le génie québécois
Parlant d’innovation, la station de traitement des eaux usées de Repentigny est la première
usine à avoir utilisé le pressoir rotatif de seconde génération, une invention québécoise. Dans
le domaine de la déshydratation des boues municipales, le pressoir rotatif représentait au milieu
des années 1990 une avancée technologique qui allait changer la conception du traitement des
boues. C’est encore vrai aujourd’hui.
Avec cette technologie de déshydratation des boues d’épuration simple, propre et économique, la
station repentignoise fait figure d’exemple. Des délégations en provenance de nombreux pays ont
convergé vers l’Île-Lebel pour mieux la connaître.
Zoom sur les étangs aérés, un procédé qui imite la nature
Les étangs aérés, utilisés dans le procédé biologique d’épuration des
eaux usées, constituent la technologie la plus répandue dans le
domaine municipal au Québec en raison de sa facilité d’opération. Il
s’agit d’accélérer les phénomènes naturels de décomposition.
Simple et efficace, cette installation repose sur des bassins séparés par des digues, qui servent à traiter les eaux usées afin de les épurer. L’idée est de mimer la nature. Cette technologie fait
appel aux micro-organismes présents dans le milieu naturel pour dégrader la pollution.
Comment ça marche ?
Comme l’illustre cette photo, la première étape en est une d’aération, progressant d’un étang à
l’autre. Les bactéries vont simplement croître en se nourrissant des matières organiques et en
absorbant l’oxygène de l’air. C’est ainsi que les polluants se dégradent.
Grâce aux dégrilleurs installés à l’entrée, les résidus solides sont d’abord séparés des eaux
usées avant leur arrivée dans les étangs. Les matières décantables s’accumulent au fond et
forment une couche de boues dans la zone anaérobie (absence d’air et d’oxygène).
Après un traitement de 28 jours, par le biais d’un émissaire, elles sont rejetées dans la rivière
L’Assomption suivant des normes environnementales très sévères, édictées par le gouvernement
du Québec. |
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