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La tempête Gabriel Anctil Stéphane Larose
La tempête
Gabriel Anctil
COTE

Disponibilité >>
Critique: Stéphane Larose
Date: Juin 2016
Gabriel Anctil, scénariste pour la télévision et auteur de livres pour enfants, livre ici son deuxième roman, après Sur la 132 paru en 2012. Je n’ai pas lu son premier roman, mais on dit qu’il « a connu un vif succès tant critique que public ». Je doute fort que cela soit le cas pour celui-ci.
 
Le contexte semblait pourtant prometteur : la fameuse tempête de verglas de janvier 1998, qui affecte l’Estrie, la Montérégie et la grande région de Montréal, force bien des gens à quitter leur domicile sans électricité pour se réfugier chez d’autres membres de leur famille. On se doute bien que, pour plusieurs, cela n’a pas dû être facile et que certains vieux conflits familiaux ont pu refaire surface. C’est le cas pour la famille de Jean, adolescent de quatorze ans, qui avec ses parents devra aller passer quelques jours à Outremont chez sa grand-mère, qui elle-même héberge depuis des années l’oncle de Jean et sa femme. En quelques jours, les tensions familiales s’accroissent au même rythme que celles liées à la météo, surtout que celle-ci force en quelque sorte une espèce de huis clos. Ce n’est pas pour rien qu’Anctil cite justement en exergue un extrait de la fameuse pièce de Jean-Paul Sartre (Huis clos) qui dit que « l’enfer, c’est les Autres ». Le conflit finit par éclater, et on termine le tout par quelques révélations surprenantes permettant, d’une certaine manière, la résolution du conflit.
 
Comment peut-on rater son coup avec tout ça ? Après tout, le roman n’est pas si mal écrit, en particulier les dialogues qui sont fort nombreux. Le narratif et le descriptif sont cependant plus faibles. Le style d’Anctil est littéraire, mais sobre, pour ne pas dire ennuyant, et lorsqu’il essaie d’en mettre un peu plus, ça sonne faux. Un autre grave problème est que l’auteur n’arrive pas à nous transmettre cette tension montante de manière adéquate ou crédible. Son narrateur omniscient et externe se sent d’ailleurs souvent obligé de nous dire que ça va de mal en pis et que le pire est à venir, justement parce que l’histoire elle-même ne réussit pas à le faire ! Par moments, l’auteur exagère grandement les effets apocalyptiques du verglas à Montréal; à d’autres moments, il les minimise beaucoup trop. Puis finalement, il faut bien le dire : ce roman n’est pas un huis clos ! Le père de Jean quitte sa femme et son fils au bout de deux jours, l’oncle de Jean quitte la maison tous les jours pour aller travailler, alors qu’un huis clos est synonyme d’isolement !
 
Je pense que ça vaut la peine de souligner en terminant que le premier roman de Gabriel Anctil compte 514 pages, alors que celui-ci n’en a que 213. C’est significatif, car on a réellement l’impression de lire ici non pas un roman, mais une ébauche de roman, et j’ajouterais l’ébauche d’un roman qui aurait dû être abandonné pour être transformé en pièce de théâtre. Je l’ai dit précédemment : l’auteur écrit d’assez bons dialogues. En retravaillant l’écriture, en transformant le lieu en véritable huis clos et en approfondissant les personnages, on pourrait sans doute en faire une excellente pièce de théâtre.
La terre des mensonges (trilogie) Anne B. Ragde Lorraine Robillard
La terre des mensonges (trilogie)
Anne B. Ragde
COTE

Disponibilité >>
Critique: Lorraine Robillard
Date: Novembre 2017

Tome 1

Les trois frères Neshov ne se côtoient plus depuis très longtemps, mais ils devront se revoir à la suite du décès de leur mère. Tor, l’aîné, vit sur la ferme familiale consacrée à la production de porcs. Sa fille, Toruun vit, à Oslo et il ne la voit que très rarement. Margido est entrepreneur de pompes funèbres et la religion prend beaucoup de place dans sa vie. Il n’est pas marié et n’a pas d’enfant. Erlend, homosexuel vivant en couple avec Krumme, est décorateur de vitrines à Copenhague. Les retrouvailles de tout ce monde seront très difficiles d’autant plus que leur père va leur dévoiler un secret qui fera monter la tension déjà très intense.

Tome 2 (La ferme des Neshov)

Après les funérailles de la mère, chacun reprend sa route avec toutefois un sentiment d’attache nouveau. On suit les détails du quotidien de chaque frère et beaucoup celui de Toruun qui connaîtra un amour qui la décevra cependant. Margido se consacre entièrement à son travail auprès de familles endeuillées. Erlend et Krumme font des plans pour avoir un enfant. Tor entretient ses porcs avec une vraie passion, mais il se blesse gravement et c’est Toruun qui vient l’aider sur la ferme jusqu’à ce qu’il aille mieux. Mais une fin tragique viendra chambouler leurs vies à tous.

Tome 3 (L'héritage impossible)

Toruun est désignée comme l’héritière de la ferme et elle trouve la tâche trop ardue bien qu’un homme engagé vienne l’aider. Elle culpabilise pour ce qui est arrivé à son père. De plus, le grand-père qui demande trop de soins la décourage complètement. Elle se met à boire beaucoup pour oublier ses douleurs physiques et psychologiques. Elle déprime malgré l’aide que ses oncles veulent bien lui apporter. C’est vraiment un héritage impossible.

C’est une trilogie que j’ai bien aimée même si c’est une histoire assez triste. On a un aperçu de l’environnement de ce coin de pays qui semble fait de beaux paysages hiver comme été. J’ai trouvé tous les personnages attachants malgré le caractère particulier de chacun. L’auteure décrit leur vie avec douceur et relate bien les petits faits du quotidien. Elle fait une bonne analyse psychologique de ces êtres tourmentés par leur enfance avec une mère, travailleuse acharnée certes, mais plutôt rude et qui leur cachait des secrets importants.
La théorie du drap contour Valérie Chevalier Johanne Laramée
La théorie du drap contour
Valérie Chevalier
COTE

Disponibilité >>
Critique: Johanne Laramée
Date: Janvier 2017
Florence, 22 ans, vient de larguer Thomas, son amoureux. Elle croyait qu’il était l’homme de sa vie, mais il l’a trompée. Elle poursuit donc sa vie d’étudiante puis de jeune professionnelle célibataire. Des rencontres amoureuses, des emménagements en couple, des ruptures et des déménagements précèdent LA rencontre qui lui fait reprendre espoir dans la vie.

Petit roman facile et amusant écrit par une jeune auteure québécoise. L’histoire se passe dans un contexte typiquement montréalais et les références sont très actuelles, ce qui pour ma part ajoute toujours un petit intérêt à la lecture. Ce n’est pas de la grande littérature, mais le divertissement est au rendez-vous.
La traversée du malheur Michel Tremblay Johanne Laramée
La traversée du malheur
Michel Tremblay
COTE

Disponibilité >>
Critique: Johanne Laramée
Date: Novembre 2015
Dans son neuvième et dernier volet de la diaspora des Desrosiers, l’auteur ramène ici l’ensemble de ses personnages. La guerre amenant pour tous de grandes difficultés financières, trois des familles décident d’aménager ensemble dans un grand logement. La cohabitation s’avérera problématique même si chacun y apporte sa bonne volonté. Nana, qui a perdu deux de ses filles victimes de la tuberculose vit encore plus difficilement cette période, mais c’est sur une note d’espoir qu’elle clôturera cette saga.
 
Encore une fois, l’auteur arrive à nous émouvoir avec cette histoire du quotidien montréalais des années 1940. J’avoue cependant avoir eu un peu de difficulté en début de lecture à resituer les nombreux personnages et faire les liens. C’est une fois ma lecture complétée que j’ai remarqué le mot de l’auteur qui joint une chronologie de l’apparition de chacun au fil de ses œuvres, mais un tableau plus visuel tel un arbre généalogique aurait été plus aidant. Ne reste plus qu’à boucler la boucle en reprenant la lecture de ‘’La grosse femme d’à côté est enceinte’’. Bonne lecture.
La tresse Laetitia Colombani Sylvie Beauséjour
La tresse
Laetitia Colombani
COTE

Disponibilité >>
Critique: Sylvie Beauséjour
Date: Décembre 2017
« Tresse n.f. Assemblage de trois mèches, de trois brins entrelacés ». Belle introduction que cette définition pour un livre qui m’a transportée plus loin que je ne pensais.
 
« La tresse » c’est l’histoire, une très belle histoire, d’espoir et de détermination qui anime trois femmes sur trois continents. Il y a d’abord Smita en Inde qui nous fera découvrir les mœurs de son pays, de sa condition d’intouchable et de son désir de rompre les traditions pour sa fille de six ans. Puis Giulia jeune femme de vingt ans vivant en Sicile, terre de tradition également. Cette tradition c’est « la cascatura » : procédé consistant à fabriquer des perruques à partir de véritables cheveux siciliens. Celles-ci sont fabriquées dans l’atelier de son père depuis des générations. Puis nous arrivons à Sarah, avocate réputée, au sommet de sa carrière et qui a tout sacrifié au nom de l’efficacité  et de la performance. Mais voilà qu’un ennemi terrible ébranle ses convictions les plus profondes. Abandonné par ses pairs elle doit faire face à ses choix.
 
« La tresse » est un très beau livre sur l’aventure de trois femmes devant des choix. « Marche ou crève » comme le dit si bien Sarah. La structure du récit est agréable. Les chapitres se succèdent avec chacun le nom des personnages. Parfois une voix hors champ fait un pont entre chacun de ceux-ci (à relire une fois la lecture terminée pour mieux en comprendre le sens). Je me suis laissée entraîner dans une lecture qui va au-delà de trois destins, mais nous démontre que nous sommes tous liés les uns aux autres et que parfois le destin s’amuse avec nous.
La tresse Laetitia Colombani Johanne Laramée
La tresse
Laetitia Colombani
COTE

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Critique: Johanne Laramée
Date: Mars 2018
Smita vit en Inde et est une Dalit ; elle n’a donc aucune valeur dans la société indienne. Elle vit avec son mari, Nagarajan, et leur petite fille Lalita. Elle n’a jamais fréquenté l’école et travaille à ramasser les matières fécales dans les toilettes extérieures de gens appartenant à d’autres castes. Décidée à ce que sa fille ne connaisse pas le même sort et soit scolarisée, elle prend la décision de fuir avec elle pour rejoindre des cousins habitant la ville.

Giulia a 20 ans, est italienne  et aide son père à l’entreprise familiale qui récupère des cheveux pour en faire des perruques, postiches et rallonges capillaires. Elle vit une histoire d’amour avec un Indien rencontré à la bibliothèque et doit prendre la relève de l’atelier suite à un grave accident à moto de son père. C’est au constat de la faillite imminente de son père qu’elle devra prendre de graves décisions.

Sarah est une grande avocate montréalaise. Elle a 3 enfants issus de deux mariages qu’elle a en garde partagée. Workaholique, elle devra composer avec un cancer du sein et d’importants traitements médicaux qui l’amèneront à revoir ses priorités après avoir été mise sur la touche au travail.

Trois histoires, trois femmes dont le destin se croisera malgré leurs disparités. Le texte est bien écrit et les histoires bien racontées, mais l’auteur n’arrive pas à faire passer l’émotion. Mention spéciale pour le titre qui résume bien à lui seul le lien entre les textes.
La tristesse des éléphants Jodi Picoult Françoise Hucbourg
La tristesse des éléphants
Jodi Picoult
COTE

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Critique: Françoise Hucbourg
Date: Juin 2017
Alice Metcalf a vécu un certain nombre d'années au Botswana dans le cadre d'études universitaires sur le comportement des éléphants, leur tristesse à la mort de l'un d'eux, et leur prodigieuse mémoire longtemps après des événements douloureux. Elle y a rencontré un touriste américain, enfin pas tout à fait un touriste, puisque Thomas s'occupe, en Nouvelle-Angleterre, d'un refuge pour éléphants ayant été maltraités ou en fin de vie. Et Alice et Thomas se marient et vont vivre aux É.-U.

Des années après, Jenna, leur fille âgée de 13 ans et vivant avec sa grand-mère, se demande si c'est bien vrai que sa mère est morte depuis 10 ans, alors que son père est soigné dans un Institut pour malades mentaux. Elle veut découvrir la vérité et fait appel, dans ce but, à une voyante, Serenity, et à un ex-policier, Virgil, qui avait été chargé de l'enquête lors de la disparition de sa mère. Jenna se souvient de beaucoup de choses, et, de plus, elle a en mains certains écrits de sa mère.

Tout au long du roman, on suit les recherches et les réflexions de Jenna, Alice, Virgil et Serenity. Le dénouement va surprendre.

Autant j'ai pris de l'intérêt et du plaisir à lire les comptes-rendus de recherches sur les éléphants, en apparence fort bien documentés, autant le recours à une voyante qui ne voit plus, la mémoire et le comportement de Jenna m'ont dérangée. Pourquoi fallait-il passer par le surréalisme pour nous parler de la tristesse des éléphants?...
La veille de presque tout Victor del Arbol Widad Cantin
La veille de presque tout
Victor del Arbol
COTE

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Critique: Widad Cantin
Date: Juillet 2017
L’inspecteur Ibarra travaille depuis trois ans dans sa Galice Natale, après avoir résolu le meurtre de la petite Amanda, petite-fille d’un riche homme. À l’hôpital, une femme qui a été malmenée demande à le voir et elle ne veut parler qu’à lui. Il a beaucoup de difficulté à la reconnaître; il s’agit de la mère d’Amanda. C’est une femme qui a disparu depuis trois mois et son père, étant très riche, offre une récompense en échange d’informations pour la retrouver. L’inspecteur part donc à la recherche de la personne qui a malmené la mère. L’auteur nous amène à étudier l’âme des personnages impliqués dans l’histoire. Il réussira à résoudre le mystère, mais à quel prix…

C’est un excellent roman.
La vengeance du pardon Éric-Emmanuel Schmitt Lorraine Pizzolongo
La vengeance du pardon
Éric-Emmanuel Schmitt
COTE

Disponibilité >>
Critique: Lorraine Pizzolongo
Date: Octobre 2017
Eric-Emmanuel nous présente un recueil de quatre nouvelles.

Comme l’indique le titre, chaque histoire nous raconte des situations où la vengeance frôle dangereusement le pardon. Au lieu de nous faire un discours, l’auteur nous indique à travers ces récits, ce qu’est le pardon et comment pardonner pour ensuite se reconstruire. Le pardon sauve l’âme de l’être humain. Eric-Emmanuel Schmitt a dit en entrevue que, pour lui, la meilleure façon de se venger, c’est de pardonner. Car il est difficile de pardonner, mais il est aussi difficile d’être pardonné et de se pardonner.
 
Chaque situation présentée est touchante, vraie, humaine, pierre d’assise de la maxime : tout homme peut faillir, mais tout homme mérite pardon.
 
Quelle plume! L’auteur joue avec les mots, les phrases coulent. C’est une écriture accessible et efficace. La psychologie des personnages est bien décrite. Les émotions nuancées.
 
La lecture de ces nouvelles nous oblige à réfléchir et à nous demander comment aurions-nous réagi dans la même situation?
La vengeance du pardon Éric-Emmanuel Schmitt Widad R. Cantin
La vengeance du pardon
Éric-Emmanuel Schmitt
COTE

Disponibilité >>
Critique: Widad R. Cantin
Date: Novembre 2017
Quatre histoires qui traitent du thème du pardon. L’auteur nous décrit la nature humaine en profondeur. Ces recueils vont affecter le lecteur peu importe ses valeurs!

C’est un livre à lire!
La veuve Fiona Barton Widad R. Cantin
La veuve
Fiona Barton
COTE

Disponibilité >>
Critique: Widad R. Cantin
Date: Octobre 2017
Jane Taylor a une vie très simple. Elle s’est mariée très jeune à Glen. Leur existence est bien normale jusqu’au jour où une petite fille de deux ans, Bella, disparaît. Le principal accusé sera Glen. Il y aura par la suite le procès qui s’échelonnera sur plusieurs mois. La descente aux enfers… Puis, Glen meurt écrasé par un autobus. Seule, Jane doit vivre avec la pression des journalistes concernant la disparition de la fillette. Que sait-elle vraiment? A-t-elle dit toute la vérité?

C’est le premier roman de l’auteure. C’est un très bon roman.
La visiteuse Linda Amyot Françoise Hucbourg
La visiteuse
Linda Amyot
COTE

Disponibilité >>
Critique: Françoise Hucbourg
Date: Novembre 2017
Septembre 1932. La mère de Léonie, Élisabeth, se meurt. Le père demande à sa fille de quitter Montréal où elle exerce le métier de garde-malade pour venir au chevet d'Élisabeth : elle n'en a pas plus pour longtemps à vivre. Léonie part pour la région de Rawdon-Joliette et trouve sa mère bien mal en point. Elle décide de la veiller chaque nuit, soulageant et son père et ses frère et belle-sœur. Mais voilà qu'Élisabeth demande à sa fille de lire le plus vite possible trois petits cahiers, sorte de journal intime écrit à la fin du siècle dernier. Léonie, très intriguée, parcourt les trois cahiers et prend alors connaissance du drame qui a secoué la région en 1898: Thomas Nutlv a été pendu après qu'il ait été reconnu coupable du meurtre par coups de trois de ses sœurs et de l'un de ses frères. Peu à peu le mystère va s'éclaircir, et tous les non dits entourant ce drame permettront de faire la lumière car, de l'avis général, Thomas n'était pas capable de faire un tel carnage.

Le roman est basé sur un fait réel Thomas Nutlv a bien été pendu à Rawdon en 1898. L'auteure nous fait entrer dans une enquête, nous aidant à revivre l'atmosphère d'une époque, et comprendre ce qui a pu se passer. L'émotion passe bien dans la prose de Linda Amyot. Un aspect de l'écriture m'a dérangée: l'utilisation d'un style haché dans une bonne partie du texte. Je sais qu'on peut privilégier ce type d'écriture pour mieux faire passer une ambiance, mais j'ai trouvé qu'il y avait un excès de ce côté-là. Récit intéressant et bien mené.
Là-bas, en Italie Mary Melfi Sylvie Beauséjour
Là-bas, en Italie
Mary Melfi
COTE

Disponibilité >>
Critique: Sylvie Beauséjour
Date: Juin 2016
Une fille poursuit sa mère avec son magnétophone. Elle la harcèle avec ses questions. La mère, première génération d’arrivants italiens, se retranche dans sa cuisine pour la préparation du grand repas de Pâques pour échapper à sa « figlia mia ». Plus qu’une conversation avec sa mère, l’exercice se veut plutôt de mettre en lumière le fossé des générations. Les parents conversent en italien, les enfants en anglais et les petits enfants ne s’adressent plus à leurs grands-parents qu’ils délaissent. La famille est disloquée, les liens familiaux sont rompus.
 
Au fil des conversations, les rancœurs apparaissent. La fille déclare avoir perdu ses origines à son arrivée au Canada, à l’âge de cinq ans. S’ensuit alors une douloureuse perte d’identité. Sa mère revit son passé et, à l’exception de ses parents qu’elle a abandonnés en Italie du Sud, ses souvenirs ne sont que « miseria ». Elle comprend mal sa fille qui lui en veut autant d’avoir immigré en Amérique.
Laëtitia, ou la fin des hommes Ivan Jablonka Françoise Hucbourg
Laëtitia, ou la fin des hommes
Ivan Jablonka
COTE

Disponibilité >>
Critique: Françoise Hucbourg
Date: Octobre 2017
Le 28 janvier 2011, Jessica, la sœur de Laëtitia découvre, à 50 mètres de la maison, dans le fossé, le scooter de sa jumelle. Branle-bas de combat : Laëtitia, qui travaille comme serveuse dans un hôtel, n'est pas rentrée et on ne sait où elle se trouve. Après bien des recherches, des interrogatoires, des consultations de SMS, la police sait qui est la dernière personne à l'avoir vue vivante. Il s'agit de Tony Peilhon, multirécidiviste, qui coopère peu avec les représentants de l'ordre. On finit par découvrir des traces de sang, et la certitude s'installe que Laëtitia est morte. Sa tête et ses membres seront retrouvés au fond d'un étang, et le tronc apparaîtra un jour sur le bord de l'eau. Les jumelles ont été des enfants maltraitées par leur père, plus ou moins ignorées par une mère violentée et dépassée, elles ont été placées par l'Assistance publique dans une famille qui semble avoir bien pris soin d'elles. Mais peu de temps après la mort de Laëtitia, on apprend que le père qui s'occupait d'elles est un agresseur sexuel...

Le document tend à faire revivre Laëtitia. L'auteur, historien, s'est donné la mission de donner une seconde chance à Laëtitia dans la mémoire du public. Il a rencontré Jessica, la sœur jumelle, des experts, l'avocate, il a consulté toutes les recherches, a parlé avec des proches... Il ne voulait pas que la vie trop tôt fauchée de la victime s'arrête là. Je crois qu'il a réussi à nous toucher, à nous faire prendre conscience que la justice et la prison sont loin de régler tous les problèmes, et que parfois elles ne réussissent qu'à les aggraver.

En témoignant du chemin de Laëtitia rempli d'espoir et de son arrêt injuste et mortel, l'auteur nous fait aimer cette jeune fille brutalement privée de vie. Il le fait avec beaucoup de respect et de convictions.
L'affaire Mélodie Cormier Guillaume Morrissette Lorraine Pizzolongo
L'affaire Mélodie Cormier
Guillaume Morrissette
COTE

Disponibilité >>
Critique: Lorraine Pizzolongo
Date: Janvier 2017
Guillaume Morrissette est un jeune auteur québécois qui vit à Trois-Rivières.
L’affaire Mélodie Cormier est son deuxième roman et le début
des aventures de son inspecteur Héroux travaillant à Trois-Rivières.
 
Inspecteur bien équilibré, intégré à son équipe qu’il encourage et motive, Héroux devra retrouver la petite Mélodie Cormier, 10 ans, disparue en descendant de l’autobus scolaire.
 
Marco Genest reçoit des messages bien étranges remplis d’énigmes. Il demande à son amie, Josée Dusseault de l’aider à résoudre ces mystères et peut-être à éclaircir la mort de
ses parents, comme le promet l’auteur de ces missives.
 
Les deux affaires sont liées. Comment le détective Héroux va-t-il mettre la main
sur ce kidnappeur sans scrupule ?
 
Très bon roman policier. C’est intéressant de parcourir les rues de Trois-Rivières et de mener l’enquête avec l’inspecteur Héroux, un homme sympathique et équilibré qui mène son enquête à la manière de Colombo.  J’aime cette écriture simple avec beaucoup de dialogues.
L'affaire Myosotis Luc Chartrand Johanne Laramée
L'affaire Myosotis
Luc Chartrand
COTE

Disponibilité >>
Critique: Johanne Laramée
Date: Juin 2016
Pierre Boileau, haut fonctionnaire directeur de l’agence canadienne pour la démocratie, est retrouvé assassiné dans la bande de Gaza. Peu de temps avant d’être tué, il avait essayé de contacter Paul Carpentier, ex-journaliste. Ce dernier habite maintenant  en Israël avec sa femme Rachel, qui travaille pour la fondation de Sarah Steinberg,  et leur fils David. Une récente altercation avec son fils s’est terminée par une séparation du couple et il est parti en coupant tout contact.

Mohammed Hanyeh, chargé de l’enquête,  tentera de faire les liens entre le meurtre, le rôle de Paul Carpentier  et les activités de Myosotis, une ONG s’occupant d’aide psychologique aux enfants victimes du conflit palestinien. Des contacts canadiens viendront brouiller les pistes en complotant pour faire de Paul Carpentier le coupable à abattre.

Au départ, je dois dire que ce conflit du Moyen-Orient demeure pour moi très difficile à comprendre. Une intrigue policière dont le dénouement est basé sur les dessous politiques qui nourrissent ce conflit est d’autant plus ardue  à suivre. On sent que l’auteur est très bien documenté sur le sujet et si on s’en tient uniquement à l’intrigue policière, l’action et le suspense sont au rendez-vous. Mais un petit quelque chose manque pour que ma lecture me satisfasse, car même si tout le livre est basé sur le conflit israélo-palestinien, je termine sans avoir l’impression d’avoir appris quoi que ce soit pour ajouter à ma compréhension du problème. J’en demande peut-être trop.
L'air adulte Ann-Marie MacDonald Johanne Laramée
L'air adulte
Ann-Marie MacDonald
COTE

Disponibilité >>
Critique: Johanne Laramée
Date: Mars 2016
Mary Rose MacKinnon a connu le succès comme auteure de livre jeunesse et, à 48 ans, elle décide de se consacrer à sa jeune famille. Hilary, sa conjointe, est metteure en scène et  en déplacement pour son travail. Seule à la maison toute une semaine, elle doit vaquer aux occupations quotidiennes et organiser une rencontre avec ses parents qui seront de passage quelques heures au retour d’un voyage. C’est durant cette période que ses craintes sur ses capacités parentales s’amplifieront au souvenir de sa jeunesse avec une mère qui, ayant perdu plusieurs bébés en bas âge, était de nature  dépressive et plutôt rude. Cette remise en question lui fera aussi revivre une douleur  importante au bras en lien avec des kystes osseux bénins dans sa jeunesse ayant causé des fractures et pour lesquels elle a dû avoir des greffes osseuses.

J’avoue avoir eu beaucoup de difficulté à suivre et  comprendre ce personnage dont les propos sont plutôt chaotiques, l’auteur allant même jusqu’à déformer des mots pour traduire le malaise de Mary Rose. Le personnage revient régulièrement sur des échanges sous forme de dialogue avec ses parents durant sa jeunesse et les propos de sa mère sont alors plus erratiques encore,  laissant supposer de possibles problèmes de santé mentale. Toute cette réflexion provoque des sautes d’humeur  chez Mary Rose dans le vécu de son quotidien avec de jeunes enfants et un chien vieillissant et lui laisse des doutes sur la responsabilité de sa mère en regard des fractures subies antérieurement. A-t-elle été victime d’abus physique? A-t-elle la capacité de gérer sa colère afin d’épargner à ses enfants la transmission de cette tare maternelle?

 L’auteur soulève des sujets intéressants, mais la forme de son écriture nous laisse l’esprit étourdi  par toutes ces réflexions et retour en arrière qui traduisent un état mental problématique. De plus, les extraits des livres écrits par Mary Rose n’apportent rien à l’histoire et sont à mon avis superflus.
L'album multicolore Louise Dupré Lorraine Robillard
L'album multicolore
Louise Dupré
COTE

Disponibilité >>
Critique: Lorraine Robillard
Date: Décembre 2017
L’auteur raconte sa première année de deuil après le départ de sa mère morte à 97 ans le 30 décembre 2011. On vit en même temps qu’elle sa peine, ses souvenirs, ses bons moments et ses moins bons (ces derniers très peu nombreux). On fait connaissance avec toute sa famille en remontant jusqu’à ses ancêtres. 

Je ne suis pas parvenue à ressentir la profonde peine que l’auteure dit éprouver après le décès de sa mère. Bien que cette femme semble avoir toujours été très bonne et attentionnée pour sa famille et ses amis, elle a mené une vie plutôt ordinaire. Elle s’est mariée et a eu trois enfants qui ont bien réussi et lui ont donné des petits enfants qui eux aussi semblent bien s’en sortir. Pas d’événements remarquables ni de grands malheurs à part une fausse couche et la perte de son mari mort quelques années avant elle. D’ailleurs Louise Dupré revient souvent sur les mêmes faits et répète les mêmes phrases comme si elle n’avait rien d’autre à raconter, mais qu’elle devait absolument remplir des pages.  Je ne sais trop combien de fois (plus de 20) elle écrira ces mêmes mots…sous la mauvaise lumière du salon. Elle insère aussi énormément de citations d’autres auteurs ou de personnages importants de l’histoire. Vraiment je n’ai pas compris comment une femme, elle-même dans la soixantaine, ait tant de difficultés à accepter et comprendre que toute vie doit se terminer un jour. 
L'amant noir Étienne de Montety Françoise Hucbourg
L'amant noir
Étienne de Montety
COTE

Disponibilité >>
Critique: Françoise Hucbourg
Date: Juin 2017
Titre racoleur s'il en est... mais ce n'est en aucun cas ce qu'on pourrait penser...

Fleurus Duclair est né dans une famille fort en vue de la ville de Versailles. Tout est parfait dans cette famille, et Fleurus doit l'être également. Il est appelé sous les drapeaux et combat les Allemands lors de la Première Guerre mondiale. Il s'y fait honorablement connaître et en sort avec une blessure et le grade de lieutenant. Ensuite, il s'envole vers la Turquie, à Constantinople, mais le Constantinople des années 1920 avec une présence française très bien organisée et passant d'agréables moments. On mange, un boit, on s'amuse, on assiste à des pièces de théâtre... c'est la belle vie. Justement, Fleurus se découvre des talents d'écrivain, de seconde zone peut-être, mais d'écrivain tout de même. Il écrit des pièces de théâtre, tombe amoureux, il est éconduit, découvre l'amant noir, l'opium, cet amant qui lui permet de passer par-dessus tous les « mal de vivre » possibles... Il finit tout de même par se marier, revient en France, est envoyé au Maroc, et regagne définitivement Paris, végétant... mais trouvant réconfort et désir de survivre dans l'opium.

Un livre écrit, d'après moi, à la mode du début du vingtième siècle. D'ailleurs, dans le roman, Fleurus se proclame admirateur de Pierre Loti. J'ai eu l'impression de plonger dans l'emploi d'un vocabulaire, de modes et de temps de verbe d'il y a des années. Mais c'est un avis très personnel, qui n'enlève rien à la qualité du style. Roman bien écrit, peu attrayant pour moi quant au sujet et aux clichés véhiculés...
L'amie prodigieuse Elena Ferrante Sylvie Beauséjour
L'amie prodigieuse
Elena Ferrante
COTE

Disponibilité >>
Critique: Sylvie Beauséjour
Date: Août 2016
Premier tome d’une tétralogie, « L’Amie prodigieuse », s’est révélé un roman d’une très grande qualité littéraire. L’action se déroule à Naples à la fin des années cinquante. Une panoplie de personnages nous accompagne tout au long de notre lecture. D’ailleurs, pour mieux s’y retrouver, l’auteure nous a fourni un index des personnages par famille. Très bonne idée.
  
C’est le quotidien de deux fillettes qui tisse la trame du roman : Elena Greco, fille du portier de la mairie, et Lila Cerullo, fille du cordonnier. Lila est cette amie prodigieuse, mais les aptitudes ne suffisent pas, il faut aussi des sous. Alors qu’Elena poursuivra ses études sous la tutelle de son institutrice au primaire, Lila, elle devra soit aider sa mère à la maison ou encore travailler pour l’entreprise familiale modeste. La cordonnerie est dirigée par le père qui se cantonne dans les vieilles habitudes et, par le fait même, ne tolère aucun changement malgré les visions de ses enfants.
 
Le roman traite de façon magnifique le vent de changement qui divise les familles, bouleverse les traditions et anime les tensions dans ce petit quartier prolétaire, animé par la violence quotidienne. On laisse à regret certains personnages à leur destin et d’autres à leur questionnement sur l’avenir. Vivement le deuxième tome « Le nouveau nom ».