Vous êtes ici :
Vous êtes ici : Vie Animée > Bibliothèques > Suggestions de lecture > L’Abonnée du vendredi > Bonheur tranquille à la bibliothèque

Bonheur tranquille à la bibliothèque

Des suggestions de lecture au fil de mes visites à la bibliothèque municipale.

20 mai 2016

Énergisée par le soleil magnifique et les couleurs printanières, je me rends à la bibliothèque à vélo. J’aime les vendredis matins à la bibliothèque!  Il règne une atmosphère de détente, ça sent bon le café et arriver dès l’ouverture me garantit l’accès à mon fauteuil préféré… Il faut dire que j’ai mes habitudes.

Dès l’entrée, mon attention est attirée par les titres alignés sur les présentoirs. Moment de grâce. Que vais-je emprunter aujourd’hui? Nord Alice, cela me dit quelque chose. Ah! Oui! Il s’agit du plus récent livre du peintre Marc Séguin. François l’a lu et a beaucoup aimé. Il semble que plusieurs récits s’entremêlent – amour, famille, culture inuit – dans une écriture lyrique qui fait ressentir l’immensité et la pureté des paysages nordiques.  Dans cette même veine de récits pluriels, j’ai lu récemment D’après une histoire vraie, un thriller psychologique troublant de Delphine de Vigan. Le récit précipite le lecteur dans un univers de doute où réalité et illusion se confondent sans fin. Ce sentiment étrange m’amène à penser à La fille du train, un autre polar au rythme haletant, semble-t-il. Ce premier roman de Paula Hawkins a fait sensation à travers le monde entier et sera porté au grand écran dès l’automne prochain. Je veux donc le lire absolument avant la sortie du film!

Belle synchronie, le Prix des Libraires du Québec vient d’être attribué à Anaïs Barbeau-Lavalette, alors que je termine son très beau livre La femme qui fuit. Il est fascinant d’entrer dans l’univers familial de l’auteure qui est la petite-fille de Marcel Barbeau, un des signataires du Refus Global. On fait connaissance avec Suzanne, sa grand-mère, artiste libertaire engagée, qui fut l’épouse de Barbeau et qui très tôt, abandonna mari et enfants pour vivre l’Histoire intensément.

Superposant les faits historiques et la fiction, l’auteure traite des thèmes de la maternité et de l’abandon en évoquant un récit familial bouleversant. J’en discute avec la bibliothécaire qui m’incite à  consulter Les femmes du Refus global pour satisfaire ma curiosité. Je découvre que l’une d’elles est Marcelle Ferron, l’artiste dont j’ai pu admirer les vitraux la semaine dernière au Centre d’art Diane-Dufresne. En poursuivant mes recherches, je réalise que la magnifique lampe bleue en fibre de verre qui est exposée au même endroit est également l’œuvre d’un autre signataire du manifeste, Jean-Paul Mousseau.

Cela me fait penser illico à un autre signataire : Claude Gauvreau, auteur de La charge de l’orignal épormyable.  J’ai envie de relire cette œuvre qui m’a marquée jadis à cause de la phonétique dont est empreinte l’écriture de Gauvreau. Il réinvente les mots et ce jeu du langage me rappelle instantanément l’écriture de Réjean Ducharme, un autre coup de cœur d’une époque lointaine. Je constate que L’avalée des avalés est disponible sur les rayons. Je vais donc profiter de la fin de semaine pour revisiter des classiques! D’ailleurs, j’ai repéré au détour d’une rangée l’un des premiers romans de Philippe Djian, 37°2 le matin. Sans l’avoir lu, je sais qu’il est le roman-phare de l’auteur et que son adaptation cinématographique a été récompensée au Festival des films du monde de Montréal en 1986. Ce titre est inscrit dans mon carnet des livres à lire depuis un moment… Je l’emprunte aussi!

En déambulant le long d’une allée, je contourne une femme qui me semble absorbée par sa lecture. Je ne peux m’empêcher de jeter un coup d’œil à la couverture de son livre, c’est un réflexe. La liste de mes envies de Grégoire Delacourt. En effet, un beau livre qui se lit en quelques heures à peine… Pour savourer le bonheur d’un avant-midi à la bibliothèque, par exemple.

Avant de quitter, comme toujours, je m’attarde devant le présentoir des suggestions et un dernier titre attire mon attention : Lettres à mes petits-enfants de David Suzuki. Portant en lui le même regret qu’Anaïs Barbeau-Lavalette de n’avoir pu connaître ses grands-parents, celui-ci choisit la forme épistolaire pour s’adresser à ses petits-enfants et leur laisser un legs symbolique. Cela complète bien mon lot de lectures hebdomadaires…

Je quitte la bibliothèque avec un sac lourd des livres empruntés. Ou est-ce plutôt le poids des mots qui m’habite déjà?

C’est vendredi et je lis!