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En mai, je vois la vie en bleu!

Découvertes littéraires au fil de mes visites à la bibliothèque municipale

26 mai 2017
Si les mois avaient une couleur, mai serait bleu. Un bleu sur lequel viennent se détacher toutes les nuances de vert du printemps dans une harmonie à la fois vive et apaisante. Cette idée en tête, j’entre à la bibliothèque et je n’ai qu’à me laisse guider par ce mot, bleu, pour passer un vendredi après-midi tout en douceur.

Cette fois-ci, je commence par les documentaires. Au détour, je découvre un essai d’un historien français réputé, Michel Pastoureau, spécialiste des couleurs. Le titre de son livre Les couleurs de nos souvenirs me séduit. Mes souvenirs doivent être très bleus, car je tombe aussitôt sur Les mystères du Lotus bleu de Pierre Fresnault-Deruelle. D’un seul coup me voilà replongée au cœur de mon enfance lorsque mon père  me racontait les aventures de Tintin. Je savais lire, mais c’était bien plus amusant de me les faire raconter. Ce dont je me suis souvenue, des années plus tard, quand je commençais à être fatiguée de relire les mêmes BD d’Astérix à ma fille : je n’allais pas lui gâcher son plaisir. Peu importe notre âge, en vérité, je crois qu’on aime tous se faire raconter des histoires.

Je continue dans les documentaires et Le petit livre bleu d’Yvon Deschamps attire mon regard. À cause du mot et du bleuté de la couverture, mais aussi à cause du magnifique sourire du père des humoristes québécois. Je traverse ensuite du côté des romans. Au passage, je m’arrête dans les rangées de polars. Trouver du bleu ici? Mais oui! Meurtres en bleu marine de C. J. Box. J’hésite un peu, mais ce titre m’intrigue. Alors, je l’ajoute à ma récolte du jour.

La couleur bleue n’a pas toujours existé, explique Michel Pastoureau. C’est-à-dire qu’elle existait dans la nature, mais les peintres étaient incapables de la reproduire. Jusqu’à ce qu’ils découvrent les pigments leur permettant de recréer du bleu sur la toile. C’est justement dans l’univers de la peinture, avec des personnages qui s’appellent Rembrand ou Vermeer, que nous invitent Susan Vreeland avec Jeune fille en bleu jacinthe, Jörg Kastner avec La couleur bleue et Tracy Chevalier avec La vierge en bleu. Tiens, d’ailleurs, je vais aller voir du côté des DVD avant de repartir. J’y trouverai sans doute le magnifique film La jeune fille à la perle d’après le roman éponyme de Tracy Chevalier également. J’ai envie de le revoir, ne serait-ce que pour ces superbes scènes où Vermeer, interprété par Colin Firth, demande à sa servante et modèle, toute jeune Scarlett Johansson, de l’aide à piler les pigments de couleurs.

Je continue à me promener devant les étagères de romans québécois. Il doit bien y avoir quelques auteurs qui se sont laissé tenter. Tout juste! Voilà Le cœur de la baleine bleue de Jacques Poulin, un grand classique de notre littérature, et un recueil de nouvelles de l’écrivain lanaudois Jean Pierre Girard, J’espère que tout sera bleu. Quel titre superbe! Mais il me manque quelque chose. Du bleu, ça appelle la poésie. Et c’est avec Une incise de ciel bleu, un petit recueil d’une poète de Repentigny, justement, Suzanne Joly, que je m’installe devant la fenêtre avec ma récolte de bleu.

C’est vendredi, je lis.