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Évangéline et l’idylle d’amour de la belle Acadie

Découvertes littéraires au fil de mes visites à la bibliothèque municipale

19 août 2016
Avec la canicule qui perdure, la bibliothèque, mon havre de paix hebdomadaire, se transforme en ce chaud vendredi en une escale, que dis-je, une oasis!- de fraîcheur invitante. Un bien-être s’empare de moi dès que je pose un pied dans le hall. On dirait même que je ressens l’écho de l’espace grandiloquent, car tandis que je m’attarde au rayonnage des nouveautés, j’entends Marie-Jo Thério qui tient la note en crescendo! C’est que cette semaine, ma voisine a hissé son drapeau acadien en souvenir de la déportation d’août 1755. Fière de ses origines, elle m’a parlé de Grand-Pré, de Port-Royal, du serment d’allégeance, du Grand Dérangement… si bien que depuis, je rêve des flots impétueux et des hautes falaises de la Nouvelle-Écosse et j’ai en tête la chanson d’Évangéline qui défile en boucle.

Je sais que cette chanson est inspirée d’un poème de Longfellow qui a donné vie aux deux amants séparés. « Gabriel! Gabriel! Oh! Quand te reverrais-je? » Je vais en profiter pour relire ce beau conte poétique. Je suis ravie de constater que la bibliothèque possède ce texte en plusieurs éditions et même une toute récente en version numérique. J’aimerais mieux connaître ce volet de l’histoire canadienne. Je crois même qu’il y a des ancêtres acadiens dans ma propre lignée. Je devrais peut-être me mettre à la généalogie lors de mes visites à la bibliothèque?

J’ai déjà lu Pélagie-la-Charrette d’Antonine Maillet qui évoque tout le folklore de l’Acadie avec la verve et la magie des mots qu’on lui connaît. Mais sait-on qu’en 1979, Antonine Maillet est le premier écrivain hors de France à avoir remporté le prix Goncourt?

Ces réflexions me font poursuivre mes recherches d’œuvres empreintes de l’Acadie. Je choisis Le vol du corbeau d’Ann-Marie MacDonald. Son premier roman, Un parfum de cèdre, demeure pour moi un véritable coup de cœur littéraire! Son univers mystérieux et l’intrigue sinueuse qui se tisse au fil des pages, déroutent le lecteur, le menant de l’Ile du Cap-Breton des années 1900 à l’effervescence des années folles à New York. C’est l’histoire de la famille Piper, complètement dysfonctionnelle, qui évolue à contre-courant de la société de tradition et de convention dans laquelle ils sont ancrés et font tache. On sent peser contre eux une menace et l’on s’étonne au fil des révélations de n’avoir pas saisi plus tôt dans le récit la subtilité des événements. C’est que Madame MacDonald est une fine conteuse et elle maîtrise l’art de faire durer le suspense. Ce n’est pas pour rien que son roman a été traduit en dix-neuf langues et vendu à plus de trois millions d’exemplaires! Peu de romans canadiens peuvent se targuer d’être devenus de tels best-sellers internationaux.

Quoiqu’il en soit, l’histoire des Acadiens me fascine et me donne envie de lire des œuvres de fiction qui la mettent en scène. Quoi de mieux qu’une bonne histoire pour s’approprier l’Histoire avec un grand H? Plusieurs écrivains ont fait de la déportation des Acadiens la prémisse de leur roman. Je pense à Jean Mohsen Fahmy et Les chemins de la liberté, à Pauline Gill avec Évangeline et Gabriel et aussi à Marie Louise Monast et ses [Les] amants du Grand Dérangement

Pour ajouter une dimension linguistique à mes découvertes culturelles, la bibliothécaire me parle de l’écrivaine acadienne France Daigle. Cette dernière a relevé le défi d’utiliser le chiac, la langue identitaire des Néo-Brunswickois, pour écrire son roman Pour sûr. Il s’agit d’une brique quasi encyclopédique de plus de 700 pages d’une catégorie complètement à part, autant du point de vue de l’étymologie des mots que du contenu. J’ai lu dans l’actualité littéraire qu’en plus de remporter le prix du Gouverneur général et le prix Antonine-Maillet, ce livre a été en lice cette année pour le prestigieux International Dublin Literary Award. Ça me donne évidemment envie de le lire…

Et pour que les mots m’habitent de leur accent identitaire, je m’installe dans mon fauteuil préféré avec mes écouteurs. C’est en se matérialisant par la voix et l’accent unique de Zachary Richard que l’Acadie et les mots chantants de France Daigle résonnent en moi.

C’est un beau vendredi à la bibliothèque et je lis!

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