Vous êtes ici :
Vous êtes ici : Vie Animée > Bibliothèques > Suggestions de lecture > L’Abonnée du vendredi > Flore romanesque ou comment désherber les rayons pour poursuivre le plaisir du jardinage à la biblio

Flore romanesque ou comment désherber les rayons pour poursuivre le plaisir du jardinage à la biblio

Des suggestions de lecture au fil de mes visites à la bibliothèque municipale

22 juillet 2016
Est-ce la saison estivale ou plutôt la nouvelle passion que j’ai développée pour le jardinage qui influence mes choix de lecture? Cet après-midi, j’erre parmi les rayonnages de la bibliothèque et mon œil repère instantanément les titres ayant une connotation horticole. Il faut dire que je les cherche un peu… et la récolte est bonne!

Il y a tout d’abord Semper Augustus, un roman historique d’Olivier Bleys dont l’intrigue se déroule dans le contexte de la « tulipomanie » du 17e siècle en Hollande. Je découvre cet auteur qui est acclamé à la fois pour la qualité de sa plume et de ses connaissances historiques. Je réalise que plusieurs titres composant son œuvre sont à lire absolument, à commencer par Pastel. La joie de découvrir un auteur dont on ne soupçonnait pas l’existence!

L’horticulture transposée à la littérature est pour moi synonyme de L'empreinte de toute chose d’Elizabeth Gilbert. Ce roman, complètement différent de ses livres précédents qui reposaient davantage sur l’introspection et le ressourcement, raconte  l’histoire d’Alma Whittaker, une botaniste du XIXe siècle partant à la découverte du monde. Une histoire passionnante! Ce sujet évoque en moi le doux souvenir de la lecture de Rosa Candida. Dans ce roman, Arnljótur quitte sa mère mourante avec qui il partage le secret d’une variété rare de la « rosa candida ». Il se rend dans un monastère où il deviendra le jardinier gardien d’une roseraie ancienne. Loin de chez lui, solitaire, chérissant les trois boutures de la rosa candida et la photo de sa fille qu’il conserve comme un trésor, il part aussi à la recherche – à la découverte - de lui-même. Une très belle histoire. J’attends avec impatience le quatrième titre d’Audur Ava Ólafsdóttir à être traduit en français, Le rouge vif de la rhubarbe, qui paraîtra enfin en septembre.

J’ai lu récemment Nympheas noirs de Michel Bussi, un roman policier étonnant, dont l’intrigue se déroule à Giverny, jadis le village de Claude Monet. Jeu de miroirs et palettes de couleurs tout en nuances… un meurtre a été commis. Ce roman policier est le plus primé de 2011. À lire!

Pour rester dans cette même teinte sombre… il y a aussi La tulipe noire d’Alexandre Dumas. Après tout, l’été est la saison idéale pour découvrir des œuvres classiques et celle-ci est considérée comme une œuvre magistrale de Dumas.

Également, je pense au roman québécois d’Élise Gravel, Le parfum de la tubéreuse. Je ne sais pas encore s’il y a un lien quelconque avec la botanique et je me demande si le roman ouvre sur un monde aussi mystérieux que celui du Parfum de Patrick Süskind? Cela reste à voir…

Süskind est un bon lien pour orienter mes recherches. Je décide d’approfondir ma thématique horticole en choisissant des livres qui me transporteront dans un univers coloré et odorant. Une autre belle découverte est Le jardin sablier de Michèle Plomer. Présenté comme un roman, il s’agit d’un journal qui décrit l’évolution d’un jardin au fil des mois et des saisons. Ravissant!

Fidèle à mon habitude, je consulte la bibliothécaire au sujet de ma sélection. Elle me conseille aussi Intrigue à Giverny d’Adrien Goetz. Décidément, le jardin de Giverny inspire les auteurs de romans policiers!

J’avais réservé Le mystère Henri Pick de David Foenkinos depuis un moment et voilà qu’il est disponible pour moi aujourd’hui. Selon le quatrième de couverture, cette enquête littéraire pleine de suspense est la preuve qu’un roman peut changer la vie de son lecteur. Comme l’a dit Cocteau : « Un beau livre, c’est celui qui sème à foison les points d’interrogation. » Le roman raconte en fait l’histoire d’un bibliothécaire qui se charge de recueillir les livres refusés par les éditeurs. Il y a une intrigue au sujet d’un auteur inconnu dont le manuscrit refusé s’avère en fait un chef-d’œuvre… La prémisse ressemble au contexte évoqué dans le livre d’Irving Finkel Au paradis des manuscrits refusés et aussi à L'ours est un écrivain comme les autres de William Kotzwinkle (une fable hilarante). Pour une passionnée de lecture, les livres qui parlent de livres sont captivants à l’avance !

Un roman laissé sur la table près du fauteuil où je m’installe pour bouquiner des guides de jardinage m’interpelle. Les cinq quartiers de l’orange de Joanne Harris. Je ne savais pas que l’auteure de Chocolat et Des pêches pour monsieur le curé avait publié un autre livre depuis… Je suis enchantée de cette heureuse découverte… et je m’absorbe à l’instant dans la lecture de ce court roman qui porte sur le poids des secrets, du souvenir, de l’oubli. À l’instar de ses romans précédents, je suis certaine que Joanne Harris a bien ficelé et enchevêtré les diverses ramifications des histoires des personnages en enrobant l’intrigue d’une aura de mystère et d’une bonne dose d’effluves de la cuisine. Et si j’empruntais aussi le beau livre de Chrystine Brouillet Sur la piste de Maud Graham : promenades et gourmandises ? Il me semble que c’est une bonne prémisse pour appréhender le week-end qui débute… C’est ce qu’on appelle la littérature gourmande. Sortons la tablette pour vérifier s’il est disponible !

C’est vendredi et je lis !