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Je me souviens... des auteurs d'ici!

Des suggestions de lecture au fil de mes visites à la bibliothèque municipale.

22 juin 2016
Puisque vendredi sera congé férié, je me rends à la bibliothèque à l’avance, avec l’intention de profiter du long week-end pour lire une grande saga familiale… Je butine parmi les romans et inspirée par l’esprit de la Fête nationale, je choisis plusieurs titres d’auteurs québécois. Plusieurs belles découvertes!

Dès mon arrivée, je repère La chambre verte de Martine Desjardins. J’ai beaucoup entendu parler de ce livre dernièrement. On dit de son personnage principal qu’il est un Séraphin Poudrier nouveau genre, à cause de l’argent et l’avarice au cœur de l’intrigue. Néanmoins, l’univers gothique et étrange qui se dégage du roman diffère en tous points de l’œuvre de Claude Henri-Grignon. Il y a même un personnage qui s’avère être… une maison…   Sûrement une lecture hors du commun.

Sur une note plus pragmatique, je suis curieuse de lire Les rescapés de Berlin de Janine Tessier. Le contexte de la Deuxième Guerre mondiale a été la toile de fond d’innombrables romans, mais, de mémoire, peu d’auteurs québécois ont situé la totalité de leur intrigue en Allemagne, sans établir de lien avec le Québec. L’auteure mentionne que le récit est inspiré d’une histoire vraie. J’aime bien lorsque la fiction se confond un peu avec  la réalité. J’emprunte!

Lorsqu’il est question de littérature québécoise, Gabrielle Roy se trouve en première place sur la liste de mes auteurs fétiches. Pour Cet été qui chantait, pour La petite poule d’eau et La détresse et l’enchantement, bien sûr… Mais encore davantage pour Bonheur d’occasion. Ce livre a sûrement été déterminant dans mon parcours de lectrice. D’ailleurs, c’est un livre que j’offre systématiquement aux visiteurs étrangers à cause de son référent culturel. Tout récemment recommandé à une collègue de Singapour, je me demande bien ce qu’elle a pensé du quotidien de la famille Lacasse à travers ses lunettes du bout du monde.
   
Un autre auteur-phare de la littérature québécoise est très certainement Jacques Ferron. Son écriture est indissociable de l’histoire du Québec - « J’écris et je refais la réalité de mon pays à mon gré » disait-il - et selon Victor-Lévy Beaulieu, son Ciel de Québec a l’étoffe d’un Goncourt. À lire absolument!

Je m’arrête devant les livres de Sergio Kokis. Arrivé au Québec à la fin des années 1960, il a publié Le pavillon des miroirs en 1994, lauréat de nombreux prix, et une dizaine de romans par la suite. N’en ayant lu aucun, je l’emprunte. Je veux connaître cet auteur brésilien qui a choisi le Québec comme terre d’accueil par amour pour la neige et le froid.

Après les K,  viennent les L et Dany Laferrière. Je m’intéresse à son dernier titre Tout ce qu'on ne te dira pas, Mongo, mais il est malheureusement prêté et je dois le réserver. Je choisis donc L’art presque perdu de ne rien faire pour me synchroniser au rythme estival qui s’installe enfin! J’en profiterai aussi pour prendre connaissance de Dany Laferrière à l'Académie française : discours de réception. Après tout, ce n’est pas tous les jours qu’un Québécois devient Académicien (un Immortel, « commandeur des arts et des lettres ») et je me questionne sur la teneur d’un discours aussi protocolaire et mythique. Quel honneur pour les lettres québécoises!

Je poursuis ma quête dans la rangée suivante et je tombe sur la grande saga que je recherchais : Les tuques bleues d’Anne-Marie Sicotte. Un roman historique avec, en toile de fond, les revendications des Patriotes… Cela me ramène à un autre roman qui aborde cette page de notre histoire et que j’ai beaucoup aimé à cause des personnages si attachants : Le roman de Julie Papineau de Micheline Lachance.  Quel beau souvenir de lecture! L’écriture de Micheline Lachance est si réaliste que l’histoire semble s’animer au fil de mots. À l’époque, ce livre m’a amenée à consulter parallèlement les archives pour lire, entre autres, les lettres d’Amédée Papineau. Sujet passionnant!

Fidèle à mon rituel, je m’attarde autour du présentoir à nouveautés afin de choisir quelques titres à feuilleter tranquillement.

Je suis heureuse de trouver un exemplaire de de Kim Thúy. Il est sur ma liste des lectures prioritaires, car j’ai pris connaissance de la programmation littéraire dans les parcs riverains cet été et j’ai bien hâte de la rencontrer! J’ai adoré et Man qui décrivent si joliment l’arrivée et l’intégration en terre québécoise de familles immigrantes. Une écriture à la fois concise et poétique et de laquelle aussi exhale un parfum d’exotisme.

Dans un tout autre ordre d’idée, Moutarde chou : histoires, recettes et secrets des meilleurs casse-croûtes du Québec d’Émilie Villeneuve. Voilà un titre accrocheur et qui va véritablement dans l’esprit du long congé (casse-croûte rime certainement avec été!). D’ailleurs, je dois avouer que certaines photos mettent l’eau à la bouche.

Et puisque la fin de semaine s’annonce tout en détente et en lenteur, je choisis également J’aime! de Pénélope McQuade et Le carnet de Saskia : petits et grands bonheur de tous les jours, deux livres qui me semblent des antidotes au stress et un bon choix pour la lecture tranquille autour de la piscine!

La verrière de la bibliothèque, inondée de soleil, m’apparaît comme un agréable prélude au week-end. Je m’installe dans mon fauteuil préféré, avec Un été à No Damn Good de Nathalie Petrowski. Un autre livre qui fait ressortir une fibre nationaliste et un brin de nostalgie. Je pense à Maryse de Francine Noël…. Une lecture lointaine qui fait revivre la même époque.   

Quoi de mieux que la littérature pour célébrer la Fête nationale et la langue française?

Ce vendredi… je lis!