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L'eau à la bouche grâce aux mots...

Des suggestions au fil de mes visites à la bibliothèque municipale


Nappe à carreaux, panier d’osier, bouteille de rosé, bol de fraises… Voilà l’image que j’ai en tête, car aussitôt revenue de vacances, j’ai le projet d’organiser un grand pique-nique familial. Dans l’optique de trouver des idées pour élaborer un menu estival savoureux, je me rends à la bibliothèque. À vélo, bien sûr, il fait si beau!

La section des livres de cuisine regorge de propositions alléchantes pour préparer un pique-nique inoubliable. Je peine à choisir! Tout d’abord, j’emprunte La cuisine selon Proust, car il me semble que son œuvre est indissociable des arts de la table et je crois que des petites madeleines seraient tout indiquées pour conclure un repas dominical en plein air. Littérature et gourmandise : les plus belles recettes de la littérature française est aussi un excellent choix pour un pique-nique raffiné. Il y a la salade de La petite Fadette et les beignets aux pommes de Voyage au bout de la nuit qui me tentent. Lunch-box et pique-niques, La cuisine de la ferme et Cuisine d’été sont aussi des titres fort intéressants pour mon projet!

En effectuant mes recherches au catalogue, j’ai également repéré un roman : Le pique-nique des orphelins de Louise Erdrich. Je connais cette auteure qu’on décrit comme une des grandes voix de la littérature américaine contemporaine. Ce roman vient tout juste de paraître. Il s’agit d’une chronique familiale qui se déroule sur 40 ans dans les grands espaces du Dakota… J’aime!  J’emprunte!

Cela me pousse à poursuivre mes recherches en ce sens et plusieurs autres titres s’imposent, comme Écrivains randonneurs, une anthologie inusitée qui donne assurément envie de lire (ou relire des auteurs classiques) et de marcher… J’ai lu avec délectation au printemps dernier Immortelle randonnée : Compostelle malgré moi, un récit de voyage à la fois littéraire et philosophique de l’Académicien Jean-Christophe Rufin. Il est vrai que la marche porte à l’introspection et à la rêverie (pensons à Jean-Jacques Rousseau…).

Je pense aussitôt à Détours sur la route de Compostelle. Mylène Gilbert-Dumas est sans contredit une adepte du plein air. J’ai particulièrement aimé Yukonnaise et Deuxième vie qui donnent envie de partir à la découverte du « Nord » afin d’expérimenter un mode de vie plus frugal, mais, selon l’auteure, lieu de « tous les possibles ». Son écriture fluide et imagée s’avère un antidote efficace pour chasser les idées noires et prédisposer agréablement à la détente du week-end!

Un autre titre que je souhaite lire depuis un moment alliant dépassement de soi et réflexion sur le monde est Sauvage par nature : 3 ans de marche extrême en solitaire de Sibérie en Australie. Sarah Marquis a fait 20 000 km à pied, en solitaire, dans des contrées sauvages, en symbiose totale avec la nature. Incroyable!

Il règne une atmosphère de tranquillité à la bibliothèque et je décide d’étirer le moment. Je vais faire du bouquinage parmi les rayonnages, histoire de faire quelques belles découvertes impromptues.

J’inscris quelques titres dans mon carnet des livres à lire… et je tombe sur Il pleuvait des oiseaux. Choix instantané! Ce roman, à la manière d’un conte, relate l'histoire de trois vieux amis qui tournent le dos au monde pour vivre en reclus dans la forêt. Cela me semble un récit pour lequel le mot liberté prend tout son sens. Les romans de Jocelyne Saucier sont empreints du cadre géographique de l’Abitibi-Témiscamingue dans lequel ils se déroulent. L’auteure est lauréate d’une quinzaine de prix et récompenses pour ce seul titre, dont le Prix des collégiens de Suède en littérature québécoise. Voilà un roman qui a fait du chemin!

Discutant de mes emprunts avec le bibliothécaire, celui-ci me conseille un dernier titre pour conclure ma sélection sur la marche et la réflexion : Jean Béliveau, L’homme qui marche. Parti sur un coup de tête, il a marché durant 11 onze ans… et 75 000 km!

Comme chaque semaine, je termine ma visite en feuilletant revues et journaux. Un compte rendu de lecture m’amène à chercher L’éducation d’une fée de Didier van Cauwelaert. Je suis une inconditionnelle de cet auteur libre penseur dont l’imagination fertile nous amène chaque fois ailleurs. En me dirigeant vers le comptoir, je souris en prenant connaissance du résumé qui mentionne d’entrée de jeu que l’histoire de ce roman se déroule un vendredi matin…

C’est vendredi, il fait beau et… je vais m’installer à l’ombre d’un grand chêne pour lire!