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La rentrée comme dans un roman

Découvertes littéraires au fil de mes visites à la bibliothèque

26 août 2016
Je suis installée pour lire depuis un moment et, en ce beau vendredi, je constate une effervescence nouvelle dans la bibliothèque. On dirait que la lenteur estivale s’estompe déjà, bousculée par le rythme empressé de septembre qui se pointe à l’horizon. J’ai d’ailleurs remarqué sur la mezzanine quelques étudiants, des cégépiens, sans doute, concentrés devant leurs cahiers.

Nul doute, ça sent la Rentrée!

Chaque année, le début de l’année scolaire m’inspire des sentiments nostalgiques. Je repense à toutes ces « premières journées » de parent accompagnateur dans la cour d’école et à la fébrilité de savoir enfin avec quel enseignant je devrai cheminer toute l’année.

Il faut dire que l’enseignant est fondamentalement lié au parcours scolaire d’un enfant (et de ses parents!). Daniel Pennac l’explique bien dans Chagrin d’école. Il se présente d’abord comme un ancien cancre, contradiction existentielle au sein d’une famille qui plaçait l’éducation au-dessus de tout. Devenu adulte (et lui-même enseignant), il se questionne sur la pertinence de certaines méthodes d’enseignement traditionnelles (la dictée, la mémorisation…) et soulève la question du pouvoir d’influence d’un enseignant qui « aime » ses élèves comme facteur déterminant sur leur réussite. Au final, son exposé est captivant. On souhaiterait que Monsieur Pennac nous ait enseigné et nous adhérons inconditionnellement aux droits imprescriptibles du lecteur qu’il avait évoqués préalablement dans Comme un roman, … le droit de ne pas lire, de sauter des pages, de ne pas finir un livre... Quoi de mieux que l’esprit de contradiction pour insuffler le goût de lire?

Plus près de nous, avec La dure école, l’essayiste Normand Baillargeon pose un regard philosophique sur l’école québécoise et les enjeux de la réforme. J’ai entendu l’auteur à la radio ce matin et sa passion est contagieuse! Je comprends maintenant pourquoi les exemplaires de son livre sont tous prêtés. Vite, une réservation!

Il y a dans la littérature plusieurs personnages de fiction qui sont devenus des enseignants modèles dans l’imaginaire collectif. Je pense évidemment à Émilie Bordeleau dans Les filles de Caleb et à La nouvelle maîtresse, l’héroïne de Dominique Demers, mais aussi à Gabrielle Roy et Ces enfants de ma vie. Allant au-delà de la démarche de Pennac, cette dernière a puisé à même son vécu d’enseignante pour tisser l’intrigue d’une œuvre de fiction. Elle présente la réalité scolaire de son époque à travers les yeux des personnages inspirés d’élèves chers à son cœur. Ismène Toussaint, auteure manitobaine, a publié l’an dernier le premier tome de la série « La maîtresse d’école ». À son tour, celle-ci s’inspire librement de la vie de la romancière Gabrielle Roy pour en faire l’héroïne de son roman. Une enseignante, bien sûr! Moi qui aime tant Gabrielle Roy, j’ai vraiment hâte de lire cette série qui superpose les faits historiques et imaginaires. 

Il faut croire que l’école est une thématique en vogue à l’approche de septembre, puisque je découvre parmi les nouveautés 180 jours et des poussières, un roman québécois qui met en scène une enseignante de première année et qui est écrit par une… enseignante, aussi maman et blogueuse. Cette fois, nous faisons connaissance avec Olivia, une enseignante dévouée qui côtoie au fil de l’année scolaire le spectre de l’épuisement professionnel. Une histoire très touchante qui a malheureusement une consonance très actuelle...

Ces rêveries littéraires me ramènent à mon propre cheminement d’étudiante et son lot de lectures obligatoires. Il y a si longtemps que j’ai lu Le rouge et le noir de Stendhal et pourtant, le timide précepteur Julien Sorel me fascine toujours tout autant… et que dire du charmant Joseph, l’instituteur anticlérical de La gloire de mon père? Lui-même un vibrant plaidoyer en faveur de l’apprentissage, du savoir… et des vacances!

Et tandis que j’ai une pensée pour l’université, c’est un livre présenté parmi les coups de cœurs qui attire mon attention. Le Journal d’un étudiant en histoire de l’art m’intrigue dès que je pose les yeux sur sa couverture: « Une chance que la beauté existe, heureusement que l’art est partout ». Maxime Olivier Moutier dit utiliser la culture, la littérature et l’art comme véhicule pour devenir un meilleur humain. Voilà certainement une belle piste de réflexion pour amorcer la lecture d’un roman!

J’ai subitement envie de faire la « bibliothèque buissonnière » pour profiter de l’été qui s’achève et me plonger dans cette histoire d’étudiant en histoire de l’art à l’UQAM…

Me dirigeant vers le comptoir pour faire mes emprunts, je remarque La liste de Jérémy Demay. Il n’est pas question ici de liste scolaire, mais plutôt du best-seller de l’heure question motivation personnelle. J’en ai tellement entendu parler : je suis curieuse de comprendre l’équation du bonheur… Après tout, il est avantageux de faire le plein de positif en prévision de la rentrée, non?

C’est vendredi et je lis!