Lectures pascales

Découvertes littéraires au fil de mes visites à la bibliothèque municipale

13 avril 2017
Tout un changement dans mes petites visites hebdomadaires ! La bibliothèque est fermée demain, Vendredi saint. Mais pas question de me priver de mon moment de détente préférée ! Me voilà, en cette fin d’après-midi du Jeudi saint, à déambuler devant les étagères de nouveautés. Rien ne m’accroche cette fois. Tranquillement, je me dirige vers les rayons. Je parcours les allées, me laissant guider par mon intuition.
 
Mais est-ce bien mon intuition qui me pousse à sortir Judas du grand écrivain israélien Amos Oz ? Qu’on soit pratiquant ou pas, il semble bien que la religion imprègne nos références et nos souvenirs... Ce qu’on en dit sur la couverture arrière suscite cependant mon intérêt : dans le Jérusalem de 1959, une grande histoire d’amour, de conflit entre christianisme et judaïsme et de trahison, évidemment, qui permet de mieux comprendre l’histoire d’Israël.
 
L’autre Judas qui retient mon attention est… sicilien ! Sous le titre de La disparition de Judas, nous voici en 1890 dans le village fétiche de l’écrivain italien Andrea Camilleri. Un petit groupe de notables du village présente la passion du Christ sur scène ; le comptable y incarne Judas. Mais lorsque le mauvais apôtre est pendu, comme prévu, la trappe s’ouvre et le comptable disparaît littéralement ! S’est-il enfui ? A-t-il été assassiné ? Si vous n’avez jamais lu de romans de Camilleri, vous ne savez pas ce que vous manquez !
 
Je ne sais pas si l’atmosphère de la Semaine sainte et de Pâques rend mon humeur plus introspective. Peut-être bien, car me voilà à chercher des titres du côté des documentaires. Il y a longtemps que j’ai fait mes cours de philo au cégep, mais on dirait que ça fait du bien, à l’occasion, de prendre le temps de s’arrêter pour regarder autour de nous, réfléchir, méditer même. De se poser des questions pour trouver nos propres réponses.
 
Je repars les bras chargés : L’âme du monde de Frédéric Lenoir, La plus belle histoire du bonheur d’André Comte-Sponville, Le très-bas, Ressusciter et Une bibliothèque de nuages de Christian Bobin – que voulez-vous, j’ai un faible pour Bobin !  Au moment de partir, j’aperçois la couverture d’un bel album photo sur laquelle un jeune garçon, en gros plan, écoute le bruit de la mer dans un grand coquillage. Un album signé Bobin (eh ! oui !) et Édouard Boubat, photographe de renommée internationale : Donne-moi quelque chose qui ne meure pas. À trois jours de Pâques, ce titre est, à lui seul, un hymne à la vie !

C’est ven… non, cette fois, c’est jeudi, je lis !