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Lire et cuisiner aux parfums asiatiques

Découvertes littéraires au fil de mes visites à la bibliothèque municipale

25 novembre 2016
Dernier vendredi de novembre et il neige! Confortablement installée dans la verrière de la bibliothèque, je lis en relevant la tête de temps à autre, pour admirer les flocons scintillants qui tourbillonnent doucement contre la vitre. Je me remémore la si belle rencontre avec l’auteure Kim Thúy au parc St-Laurent l’été dernier dans le cadre de la programmation « Au fil de l’eau, au fil des mots ». Quelle femme énergique et captivante! Depuis, j’ai lu avec émotion le récit épistolaire À toi qu’elle a écrit en collaboration avec Pascal Janovjak. Et voilà que je termine Vi, une belle réflexion sur l’exil et sur l’Autre qui nous transporte à l’autre bout du monde, en Asie. Entre les lignes, on comprend que c’est aussi l’histoire du Vietnam et des Vietnamiens, la sienne aussi, que nous révèle Kim Thúy. Quel beau lien avec un livre de cuisine que j’ai emprunté la semaine dernière, La cuisine du Vietnam. Plus qu’un simple livre de recettes, je décrirais cet ouvrage de Luke Nguyen comme un ouvrage de patchwork inspirant pour s’imprégner de la culture vietnamienne : des photos magnifiques, des textes écrits au « je », comme la retranscription d’un journal personnel qui rassemblerait les souvenirs de l’auteur (du chef!) et les cuisines régionales associées. À la manière de Kim Thúy, il se sert de son art pour renouer avec ses origines vietnamiennes et il présente son livre comme une introduction au Vietnam. De mon point de vue de lectrice, je dirais que feuilleter ce beau livre équivaut à allumer une étincelle invitant instantanément à un voyage à la fois gustatif et culturel.

En prévision d’un souper à la vietnamienne que je souhaite concocter, j’emprunte Le Tang Book, qui est un répertoire des produits exotiques accompagné d’un guide pratique. Un outil indispensable pour tout néophyte en cuisine asiatique. Une sorte de vade-mecum consignant les renseignements pratiques comme « Sous quelle forme retrouve-t-on l’algue nori en épicerie? Comment prépare-t-on les graines de lotus? Comment choisir le fruit du dragon pour s’assurer qu’il soit mûr?

Sur la même tablette, j’ai trouvé Baguettes et fourchette : la cuisine vietnamienne au Québec. Lilly Nguyen est arrivée au Québec à l’âge de quatre ans. Par son livre, elle espère établir un pont culturel entre les Québécois et le Vietnam. Elle révèle donc de vieilles recettes familiales et initie l’apprenti cuisinier aux rudiments de base de la cuisine vietnamienne - Quelle est la différence entre les Chia gio et les nems? Comment fait-on une vinaigrette vietnamienne? – et aussi de la culture vietnamienne - Quelle est l’explication historique de la multiplication du patronyme Nguyen? Où se trouvent les épiceries vietnamiennes à Montréal? Bref, une richesse d’informations en plus de recettes savoureuses et des listes d’ingrédients faciles à trouver localement.

Parmi les nouveautés, mon œil de lynx a vite repéré un roman écrit par une Québécoise d’origine vietnamienne. Caroline Vu est un médecin de famille qui a amorcé un parcours parallèle d’écrivaine. Elle vient de remporter le prix Fred Kerner pour son roman Palawan Story. Malheureusement, celui-ci ne sera traduit en français qu’en 2017, mais la bonne nouvelle est que son deuxième roman, Un été à Provincetown, vient tout juste de paraître en traduction. On en parle comme d’un roman-choc racontant la vie tumultueuse d’une famille vietnamienne – quatre générations!-, de son exil depuis l’Indochine jusqu’à son enracinement au Québec. Je l’emprunte, bien entendu!

Fidèle à mon rituel, je consulte la bibliothécaire qui a toujours d’excellentes recommandations pour bonifier ma sélection. Cette semaine, elle me conseille Le petit homme, un roman de Pierre Vabre qui a remporté le prix littéraire Géo du voyage extraordinaire. Un voyage à la fois initiatique, philosophique et historique. Selon elle, un coup de cœur assuré!  Je l’ajoute illico à ma pile de livres en me disant qu’un guide de voyage serait aussi bienvenu. Vietnam attitude?

Je réalise que la littérature vietnamienne est intimement liée à la douleur de l’exil et à une volonté collective de diffuser le bagage historique et culturel du pays. En poursuivant mes recherches, j’ai retrouvé cette même mission éloquemment énoncée par le Québécois Ook Chung dans sa Trilogie coréenne : « Si j’écris en français, ce n’est pas tant que je trouve la langue française belle que parce que j’ai quelques chose à dire. Et paradoxalement, ce que j’ai à dire est ma condition d’exilé. »

Comment ne pas penser à L’énigme du retour, un livre magnifique sur l’exil! Justement, en hommage à l’académicien Dany Laferrière et pour faire un clin d’œil à ma sélection de livres aux parfums asiatiques, je vais ajouter un dernier titre…

Je suis un écrivain japonais… Une véritable célébration de la littérature et une belle touche d’humour pour amorcer le weekend!

C’est vendredi et je lis!

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