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Poisson d’avril!

Découvertes littéraires au fil de mes visites à la bibliothèque municipale.

31 mars 2017
Cette semaine, pour faire un clin d’œil à la tradition, je cherche « poisson d’avril » au catalogue de la bibliothèque. Je souris en constatant qu’il y a bel et bien un roman qui porte ce titre et que son auteur est québécois, de surcroît! Josip Novakovich, d’origine croate, présente une vision à la fois nostalgique et satirique de sa Yougoslavie natale. En lice pour le Man Booker Price en 2013, Poisson d’avril est une satire politique dont le personnage principal, Ivan, est un jeune idéaliste né le 1er avril. Voilà un auteur qui semble avoir un bon sens de l’humour…

Il règne une belle ambiance à la bibliothèque et je me sens privilégiée de pouvoir ainsi déambuler tranquillement le long des rayonnages. Pour moi, le vendredi, la vie est un long fleuve tranquille qui mène à la découverte littéraire!
En poursuivant mes recherches, je choisis D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds. Cette saga islandaise figurait au palmarès 2015 des 20 meilleurs livres selon le Magazine Lire.  Elle a aussi été encensée par la critique québécoise. La revue Les libraires soutient que l’écriture de Jón Kalman Stefánsson est « grandiose ». L’histoire entremêle trois époques et trois générations sur une toile de fond historique d’un siècle en Islande. Moi qui ai une préférence marquée pour les pavés, me voilà servie.

Je continue à voguer d’un rayonnage à un autre et je découvre la Bibliothèque idéale du naufragé de François Armanet. Celui-ci a demandé à 200 écrivains du monde entier quels seraient les trois livres qu’ils choisiraient d’apporter sur une île déserte. Il a rassemblé leurs réponses en un recueil qui devient une invitation à la découverte, autant par le choix des auteurs interviewés que par les titres que ces derniers recensent. Par exemple, Michel Tremblay choisirait les Rougon-Macquart et Anna Karénine (je vote également pour ces titres) et Dany Laferrière opterait pour Diderot et Borges. Je feuillette le recueil et, à la veille du premier avril, j’apprécie particulièrement son approche humoristique. Arnaldur Indridason, Islandais, précise qu’il espère que l’île déserte se trouverait sous le soleil des tropiques, John Irving profiterait du panorama de la mer pour relire Moby Dick, tandis que Stefano Benni prioriserait 100 recettes pour cuisiner le poisson …  Hilarant! À première vue, je dirais que le titre le plus représenté est À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, un choix évident pour des écrivains!

Un autre titre de ce genre se trouve dans le présentoir des coups de coeur :  Relire : enquête sur une passion littéraire. Laure Murat fonde, elle aussi, son essai sur des entretiens avec des auteurs contemporains et leurs réponses fournissent de nombreuses suggestions de lecture ou de relecture. Son sondage auprès de 200 auteurs montre que l’auteur le plus « relu » est définitivement Marcel Proust. Il est très intéressant de constater les similitudes avec la Bibliothèque idéale du naufragé et de bénéficier de l’éclairage érudit et passionné de l’auteure. Laure Murat émet l’hypothèse que chaque relecture serait une expérience unique en soi et que le lecteur trouverait du plaisir dans la répétition. De ce point de vue, la bibliothèque devient « un réservoir à relectures potentielles » et je dois avouer que cette perspective me séduit. J'emprunte!

Je ne saurais terminer ma visite à la bibliothèque sans un saut dans la rangée des livres de cuisine. Aujourd’hui, c’est décidément le poisson qui m’inspire! Je me laisse tenter par deux livres aux recettes réinventées : 50 best fish & chips et Tartares & carpaccios. De quoi amener le resto à la maison…

Je ris un peu lorsque je me rends au comptoir et que j’ajoute à mes emprunts des dvd de la série Les pêcheurs.
Comblée par ma sélection hebdomadaire, je repère mon fauteuil préféré qui est inoccupé. Je vais m'installer.

Enfin! C’est vendredi et je lis Le vieil homme et la mer d’Ernest Heminway. C’est l’histoire d’un grand poisson…