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Romans primés à lire absolument

Découvertes littéraires au fil de mes visites à la bibliothèque

27 janvier 2017
Je suis assise dans la salle des romans à la bibliothèque, totalement habitée par l’histoire bouleversante dont je viens de lire la dernière phrase. Une phrase assassine, qui me ramène au début du roman, happée par son réalisme dramatique. Comme dans un film au ralenti, quand le personnage au cœur du thriller comprend subitement ce qui s’est passé, que toutes les pièces du puzzle d’horreur s’enchevêtrent les unes aux autres, parfaitement, ne laissant plus aucun doute possible… Vous comprenez l’image?

Je parle du Goncourt 2016 : Chanson douce, qui ne laissera de toute évidence aucun lecteur indifférent. Car contrairement à ce que laisse anticiper le titre, l’histoire est sombre et cruelle… une chanson douce comme celle d’un film d’horreur que l’on entendrait en boucle, pour narguer le lecteur avant qu’il ne soit submergé par le drame. L’écriture de Leïla Slimani peut paraître de prime abord toute simple, mais au fil de la lecture, on en saisit toute la puissance, la complexité derrière le dépouillement et on comprend l’efficacité troublante des temps de récit imbriqués. Dès le début de la lecture, le compte à rebours s’amorce et on sent croître l’intensité dramatique. On connaît le dénouement et la question est de savoir ce qui s’est réellement passé entre le début et la fin…

Ouf! Il est difficile de quitter sa bulle de lecteur après un tel livre! On se sent partagé entre l’admiration pour l’auteur d’une œuvre magistrale et le bouleversement provoqué par l’intrigue. J’avais ressenti cette même intensité de sentiments à la lecture de L’orangeraie  (Prix des libraires du Québec, 2014). Un très court roman – 150 pages! - qui provoque des émotions fortes et déstabilise le lecteur. L’histoire se déroule dans un lieu qui apparaît paradisiaque, une orangeraie, où vit une famille aimante et soudée, dans un bonheur simple et enviable. Puis ce havre de paix est abruptement envahi par la terreur de la guerre et devient le théâtre d’une tragédie grecque. Les parents doivent décider lequel de leurs deux fils jumeaux sera sacrifié comme martyre… Un conte moderne et déstabilisant, magnifiquement écrit par Larry Tremblay, un auteur québécois peu médiatisé, mais à la notoriété internationale et désormais édité chez nul autre que Gallimard. L’auteur a publié récemment L'impureté – lui aussi acclamé par la critique et sans aucun doute lauréat à venir - et je constate qu’il est disponible au catalogue. Je l’emprunte!

Une autre œuvre primée que j’ai lue il y a quelques mois me revient en tête : D’après une histoire vraie (Goncourt des Lycéens et Renaudot, 2015). Ce thriller psychologique troublant de Delphine de Vigan précipite le lecteur dans un univers de doute où réalité et illusion se confondent sans fin, comme une suite logique de Rien ne s’oppose à la nuit (Prix des libraires du Québec, 2012). Je le recommande vivement!

À la recherche d’une autre œuvre aussi captivante, je découvre avec intérêt la liste des prix littéraires préparée par les bibliothécaires. Je suis toujours avide de lire les œuvres qui ont été récompensées par les plus grandes distinctions littéraires. Il s’agit donc pour moi d’une liste de lectures incontournables à conserver absolument! Après analyse, je décide d’emprunter le dernier Femina. Le garçon de Marcus Malte. Je suis intriguée par le résumé de l’histoire toute simple en apparence : un garçon sans nom, quasi sauvage, qui habite dans une cabane et qui subitement, sera confronté à rencontrer les hommes…

Signe des temps? Malgré qu’elles soient primées et encensées, ces œuvres sont toutes empreintes de drame. Avant de quitter la bibliothèque, j’aimerais bien m’aérer l’esprit et comme à mon habitude, profiter de ce lieu propice à la détente.

Et j’ai pour cela un auteur primé tout indiqué… C’est en écoutant la poésie de Bob Dylan, récipiendaire du prix Nobel de littérature en 2016, que je terminerai tranquillement ma visite.

Finalement sereine, je m’installe avec un livre qui s’annonce divertissant et ajoute une touche de soleil bienvenue en cette fin de janvier – prix Grand public Salon du livre de Montréal 2016- d’Amélie Dubois, Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique!

C’est vendredi et je lis…