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Billet de Danielle Laurin : Livre du mois de décembre

Conversations avec un enfant curieux, Michel Tremblay, Leméac/Actes Sud, 2016

La crèche au pied du sapin illuminé. Le petit Jésus de cire posé sur la paille… C’est dans l’ambiance de Noël que s’ouvre Conversations avec un enfant curieux, de Michel Tremblay.

Empreint de nostalgie, cet ouvrage autobiographique entièrement écrit sous forme de dialogues est surtout marqué par l’humour. L’auteur de La grosse femme d’à côté est enceinte, né en 1942, se met en scène par fragments, depuis sa petite enfance jusqu’à ses 14 ans. Âge auquel il décide, nourri des rêves brisés de sa propre mère amoureuse de la littérature, de miser sur l’écriture.

Qu’il soit en interaction avec sa mère, son père, sa grand-mère, sa tante ou son amie, le petit Michel est du genre à vouloir avoir toujours le dernier mot. Même en classe, avec sa maîtresse d’école. Jamais il ne lâche le morceau.

Son mot préféré : pourquoi. Pourquoi Jésus est-il un grand blond aux yeux bleus alors qu’il vient du Proche-Orient? Pourquoi faudrait-il écouter le chapelet en famille diffusé à CKAC, plutôt qu’Un homme et son péché sur les ondes de CBF? Pourquoi Notre-Dame de Paris de Victor Hugo est-il un livre à l’Index? Pourquoi faudrait-il croire à la Sainte Trinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit?

Si, en classe, la maîtresse excédée par les questions interminables de l’enfant trop curieux à propos des Évangiles lui suggère qu’il est plus facile de croire que de comprendre, à la maison, la mère se montre sceptique face aux prêchi-prêcha religieux : «Fais semblant que tu les crois, pis pense ce que tu veux de ton côté…»

Mais il n’y en a pas que pour les dogmes religieux qui ont marqué l’enfance de l’écrivain. Quand l’insatiable garçon reçoit en cadeau de Noël un garage en tôle miniature alors qu’il aurait préféré un nouveau jeu de poupées à découper, il s’exclame : «Mais j’comprends toujours pas pourquoi y a des jeux pour les petits gars pis des jeux pour les petites filles, c’est toute.»

Réponse de la mère : «J’te l’ai dit, parce que les petits gars pis les petites filles s’intéressent pas aux mêmes affaires. En tout cas, d’habitude.» Lui, plus loin : «Mais c’est Noël, maman, chus supposé avoir des cadeaux à mon goût à moi, pas nécessairement des cadeaux de petits gars parce qu’y faut donner aux petits gars des jouets de petits gars!»

Et ainsi de suite. Michel n’en finit plus d’argumenter. Il épuise tout le monde avec ses pourquoi du pourquoi du pourquoi… et sa mauvaise foi. Pour notre plus grand plaisir!


Danielle Laurin,
Marraine du Club

 

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