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Billet de Danielle Laurin : Livre du mois de juillet

Juillet, Marie Laberge, Boréal, 1989

C’est une histoire d’amour impossible, de passion incontrôlée, incontrôlable. Une histoire de désir brûlant, interdit. Ça va mal finir, on le sent. C’est Juillet, le premier roman de Marie Laberge, paru il y a trente ans.

Tout se passe en moins de vingt-quatre heures, lors d’une journée torride de juillet. Dans une demeure cossue que jouxte un magnifique jardin de roses, on prépare un souper d’anniversaire pour Charlotte, 65 ans.

On, c’est à-dire son mari, Simon, bientôt rejoint par leurs fils, David, leur belle-fille, Catherine, et le petit Julien de 18 mois. Mais la fête annoncée va tourner au cauchemar.

Dès les premières pages, on sait que les protagonistes ne s’en sortiront pas indemnes. Comment pourrait-il en être autrement? Ces deux petites phrases, à propos de Simon, annonce déjà le pire : «Et il désire cette femme. Cette femme qui est précisément la femme de son fils.»

L’attraction est réciproque. Tout au long de la journée, le désir entre Simon et Catherine se fait de plus en plus ardent, malgré eux, malgré l’incongruité de la situation. Jusqu’à quand vont-ils s’interdire de se toucher, de s’enlacer, de se fusionner? Dans le même temps, la tension monte autour d’eux. Jusqu’à l’explosion.

Peu à peu, les masques tombent au sein de cette famille où Catherine s’est toujours sentie étrangère, une famille en apparence idyllique, qui dans les faits cultive l’incommunicabilité et le mensonge. Invectives, violence physique, règlements de comptes avinés vont prendre place, sur fond de jalousie crasse, de possessivité démoniaque.

Roman d’amour, de passion, de désir, Juillet, mais aussi roman de détestation, de désespérance, de vengeance. Roman tragique fait de contrastes, où se côtoient la sensualité à fleur de peau et la dureté implacable.

Les comportements y sont parfois soulignés à gros traits, les dialogues s’étirent par moments? Peu importe. Cette première incursion romanesque de Marie Laberge qui jusque-là était connue comme une grande dramaturge crée une onde de choc qui ne se dément pas. Trente ans plus tard, ce Juillet pourfendeur de tabous nous rentre dedans à nouveau.

Danielle Laurin,
Marraine du Club

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