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Billet de Danielle Laurin : Livre du mois de juin

L’école des films, David Gilmour, Leméac

Voici un petit bijou de livre qui met de l’avant l’amour indéfectible d’un homme pour son fils : loin de baisser les bras devant les échecs scolaires répétés de son adolescent, le père trouve une solution originale qui permettra en plus d’établir entre eux une véritable complicité, un rapprochement affectueux.

Il s’agit d’un ouvrage autobiographique signé par l’écrivain ontarien David Gilmour, ex-critique de cinéma et ancien animateur à la télévision, couronné par un prix du Gouverneur général pour son roman Une nuit rêvée pour aller en Chine.

Paru en anglais en 2007, traduit en français trois ans plus tard et maintenant disponible en plus de vingt-cinq langues, L’école des films raconte comment l’auteur en est venu à faire un pacte avec son fils de 15 ans qui ne voulait plus rien savoir des études.

D’accord, a dit le paternel à son garçon, je te permets de décrocher, d’abandonner tes cours. Tu pourras te lever à l’heure que tu veux, tu ne seras pas obligé de travailler. Mais à la condition que tu regardes trois films par semaine avec moi. Trois films que je vais choisir, moi!

Et ça marche. Malgré les doutes du père : est-ce le bon choix, mon fils va-t-il devenir un taré plus tard, un éternel marginal, sera-t-il condamné à gagner sa croute comme plongeur parce que sans éducation, sans diplôme?

L’expérience va durer trois ans. Trois années durant lesquelles le père regarde avec son adolescent des classiques du cinéma, Truffaut, Woody Allen, Fassbinder, Hitchcock, Scorsese, Fellini… Il lui fait aussi voir des films d’acteurs, De Niro, James Dean, Marlon Brando… Il se permet même quelques navets.

À chaque fois, il fait une petite introduction sur le film, une mise en contexte. Puis, après la projection, la discussion est ouverte. Prétexte à aborder toutes sortes de sujets : les choix que l’on fait dans la vie, pourquoi; les valeurs sur lesquelles on s’appuie; la difficulté de faire sa place dans le monde; les relations amoureuses et les peines d’amour; le sexe; l’amitié; la drogue, etc.

C’est avant tout la relation du père avec son fils qui sauve tout. En fait, c’est beaucoup plus qu’une leçon de cinéma que le père donne à son fils. C’est une leçon de vie, pleine de tendresse, de sensibilité, d’authenticité. Résultat : un livre sans complaisance, au ton direct, à la fois brillant et émouvant. Rempli d’espoir, aussi.

Bonne fête des pères!

Danielle Laurin,
Marraine du Club

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