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Billet de Danielle Laurin - février 2021

La déesse des mouches à feu, Geneviève Pettersen, Le Quartanier, 2014

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Cette année-là, en 1995, à Chicoutimi-Nord, Catherine, 14 ans, va se transformer du tout au tout. Sa petite vie rangée éclate en morceaux, à l’image de la relation orageuse entre ses parents chicaniers qui en viennent au divorce. Trop préoccupés par le désir de refaire leur vie, ils ne voient rien venir.

La petite fille modèle et élève appliquée va expérimenter le sexe débridé, la marginalité à tout prix, la drogue à répétition, la défonce sous toutes ses formes. Jusqu’où ira-t-elle dans l’autodestruction?

L’héroïne de La déesse des mouches à feu n’a pas froid aux yeux. Elle n’a pas non plus la langue dans sa poche. C’est elle qui se confie à nous, se vide le cœur, met ses tripes sur la table dans ce roman d’apprentissage à la dure. Langage cru, ton rentre-dedans. Ça fesse.

L’autrice, Geneviève Petterson, sait trouver les mots justes et le rythme d’enfer approprié. Elle rend bien la fougue, la rage, le désir de se démarquer, la soif d’absolu, la révolte contre le monde adulte de sa jeune Catherine. De même que sa quête de l’amour.

Alors jeune trentenaire, l’écrivaine signait son premier roman, en 2014, avec ce livre dédié «Aux petites crisses». Aujourd’hui scénariste et animatrice, chroniqueuse au Journal de Montréal, Geneviève Pettersen s’était inspirée en partie de sa propre adolescence pour l’écrire.

La déesse des mouches à feu, primé par le Grand Prix littéraire Archambault et devenu best-seller, a par la suite inspiré la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette, dont le film du même titre, présenté l’an dernier dans plusieurs festivals, a reçu un accueil très chaleureux.

Danielle Laurin
Marraine du club