Billet de Danielle Laurin - janvier 2021

Pauline et moi, Louise Portal, Druide, 2015

Pauline-et-moi.jpg

Nous sommes en août 2010. Louise Portal fait ses adieux à sa jumelle, Pauline Lapointe, mourante, à l’hôpital. Elles ne se sont pas vues, ni parlé, depuis cinq ans, après une énième rupture.

« Tu ne voulais plus me voir. J’étais devenue, bien malgré moi, une sorte de miroir te renvoyant l’image d’un bonheur qui te semblait inaccessible : une vie sereine auprès d’un homme aimant, tendre et attentif », écrit Louise Portal dans Pauline et moi, paru en 2015.

L’autrice et actrice confie aussi que durant toutes leurs années de ruptures-réconciliations, le tourment l’assaillait à toujours se sentir responsable de sa sœur, de son bonheur.

On comprend que Pauline, qui aimait tant faire rire et pouvait se montrer si touchante comme comédienne, était dépressive. Qu’elle avait traversé des périodes très difficiles. Violence d’un conjoint, entre autres. Drogue, alcool, boulimie…

Si Louise remonte le fil de sa relation tumultueuse avec sa jumelle, son récit, parsemé de photos d’elles deux et d’autres membres de la famille, ne s’avère pas pour autant revanchard. Loin de là. Les souvenirs heureux affluent. Leurs déguisements dans l’enfance, alors qu’elles puisaient dans les vêtements de leur mère pour jouer à la madame. Leurs confidences. Leur euphorie partagée lors d’un spectacle leur remémorant leurs années Elvis Presley…
 
C’est écrit avec doigté, c’est touchant. Tendresse, douceur sont au rendez-vous. Il y a beaucoup de lumière, en fait. Comme si, enfin, l’ultime réconciliation pouvait avoir lieu.

Alors que Pauline, 60 ans, vient de s’éteindre : « Morte à présent, tu peux me laisser t’aimer. »


Danielle Laurin
Marraine du club