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Billet de Danielle Laurin : Livre du mois d'avril 2020

L’orangeraie, Larry Tremblay, Alto, 2013

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Larry Tremblay aborde un sujet sensible, difficile : les ravages de la guerre sur les enfants. Mais il le fait avec tellement de doigté, de finesse, de sobriété. Économie de mots, images fortes : une puissance remarquable se dégage de son 5e roman.

Prix des libraires du Québec, prix littéraire des collégiens, ainsi de suite… les récompenses n’ont cessé de pleuvoir, ici et à l’étranger, pour ce petit bijou d’écriture adapté à la scène par l’auteur qui est aussi dramaturge.
L’orangeraie se situe dans un endroit du monde jamais nommé, mais qu’on imagine au Moyen-Orient. Nous sommes en présence de jumeaux identiques de 9 ans, Amed et Aziz. Nous vivons les événements de l’intérieur, avec eux. Et avec leurs parents.

C’est une histoire de vengeance. L’un des fils devra mourir en martyr, une ceinture d’explosifs autour de la taille. Mais lequel des deux? Choix on ne peut plus déchirant pour les parents.

Le père et la mère ne sont pas du même avis. Sans oublier les garçons eux-mêmes, qui pourraient bien être de mèche entre eux pour semer la confusion.

Affaire complexe, situation tragique, à rebondissements multiples. Chose certaine, celui des deux fils qui survivra devra affronter le sentiment de culpabilité inhérent au fait qu’il a échappé à la mort alors que (ou parce que) son frère y a goûté. Il devra aussi porter en lui les horreurs, la violence de la guerre.

Est-ce que l’art pourrait avoir un effet réparateur? C’est une des questions soulevées dans ce roman-fable qui nous interpelle constamment. Est abordée aussi de côté l’idée que si on n’a pas vécu soi-même la guerre, a-t-on le droit de s’approprier le sujet comme créateur? Jusqu’où va la liberté des artistes?

Et puis, bien sûr, reviennent en boucle dans L’orangeraie les retombées dévastatrices de la guerre (et autres crises collectives ?) sur les enfants.

Mais la question la plus prenante du livre demeure celle-ci : qu’auriez-vous fait à la place des parents d’Amed et d’Aziz?

Danielle Laurin,
Marraine du Club

 

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